“Pas de problème!” – sur le dos de ma mère

Illust by Yoko Otani
En 5e année, je fus la victime d’intimidation. La source de cette intimidation était une personne supposée être mon amie. Elle se comportait
comme ma meilleure amie en public, mais elle se transformait en une tout autre personne lorsque nous étions seules. Cette situation me tracassait beaucoup. Cette inquiétude constante affecta aussi mon corps; de façon si dramatique que j’en perdis l’appétit et une grande partit de ma force physique et de mon énergie. Un matin, je me suis écroulée subitement sur le palier de la maison familiale. J’étais à peine consciente et j’étais incapable de bouger. Je m’étais plaint quelques jours auparavant à ma mère, lui confiant que j’étais très fatiguée. Elle crut que ma condition était attribuable à une fatigue extraordinaire, mais elle se rendit compte éventuellement que la vraie cause était cette intimidation. Lorsqu’elle me vue ce matin là, elle se fît beaucoup de soucis.
Rapidement, ma mère et sa force se sont mises en oeuvre. Elle contacta sur le champ notre médecin de famille, pris rendez-vous et appela ensuite un taxi. Mon teint pâlit encore et elle m’emmitoufla dans une couverte chaude et un manteau, puis m’installa dans le taxi. “Wow. Le site est en construction. Madame, il va falloir que vous marcher jusque-là.” Le conducteur du taxi s’arrêta et se retourna vers nous pour s’excuser.
Nous étions à un arrêt d’autobus, d’où une longue pente à pique menait à l’hôpital. Ma mère n’hésita pas une seconde à me sortir du taxi à bout de bras. Elle paya et remercia le chauffeur, puis vint me rejoindre. Elle jeta un regard déterminer sur cette pente escarpée qui menait à l’hôpital et, puisque j’étais incapable de me mouvoir, me prit avec une dextérité surprenante sur son dos. Elle poussa un petit cri pour s’encourager puis commença à monter la pente pas à pas. Il faut mentionner que puisqu’elle m’avait emmitouflée à l’extrême auparavant, j’étais exceptionnellement lourde et volumineuse. Ma mère avec donc l’air de transporter sur son petit dos une charge totalement disproportionner. J’étais tellement enseveli sous les vêtements que je ne pouvais parler et je pensais constamment “Désolé, je suis lourde!!”. Ces pensées se transformèrent en sanglot et je m’accrochais encore à son dos. Comme si elle lisait mes pensées, elle me dit d’un ton haletant “Pas de problème!”
J’avais plusieurs couches de vêtement, mais j’avais encore froid et l’air frigide de l’extérieur me faisait grelotter. Éventuellement, une chaleur m’envahit, autour de mon nombril puis s’étendant graduellement à tout mon corps. Avant de ma rendre compte, les grelottements causés par le froid furent remplacés par ceux causés par cette démonstration d’amour de ma mère.
J’étais déshydratée et je fus hospitalisée pendant quelques jours. J’avais repris mes forces après une semaine. Depuis cet épisode, j’étais plus en mesure de garder mon calme lorsque j’étais la victime d’intimidation. De plus, je me suis fait d’autres amies et cette intimidation finit par disparaître. Aujourd’hui, je suis moi-même une mère. Je me remémore avec beaucoup d’émotion les paroles de ma mère à ce moment : “Pas de problème”, sur un ton encourageant. Ces mots, à cet instant, étaient des substituts presque plus significatifs que “je t’aime.”
Japan Mother Meeting










